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 Duc de l'Uto

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Duc d'Uto
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MessageSujet: Duc de l'Uto   Sam 6 Mai - 12:07

La cape se souleva lentement, suivant avec légèreté les battements du vent. Le bel uniforme richement orné était enfilé sous une armure brillante. L’allure du nain faisait penser à un noble, décoré abusivement, mais aussi à celle d’un guerrier. Sur sa peau apparaissaient quelques cicatrices et l’armure, bien que propre, se voyait balafrée elle aussi.
Le Duc remonta sur son char. Les deux chevaux hennirent avant de partir dans un frénétique galop. L’attelage remonta la colline. Suivant un chemin de terre, il longea ensuite un petit bois, puis arriva finalement aux portes d’un petit village. La attendait plusieurs silhouettes, apparemment humaines.

-Ragnos, où en sont vos hommes ?

La voix était cinglante, froide.

-Les paysans sont tous morts, sauf les neufs prisonniers, comme convenu. Les valeurs du coin ont été empilées sur la place centrale. Bref, vos ordres ont été exécutés. Parlons de l’or.

De plus près, on pouvait constater les dégâts. Beaucoup de bâtiments n’étaient plus que des restes de poutres calcinées, tandis que la belle statue de la place centrale était couchée au sol. La troupe de mercenaires était là, comme fière de poser devant le carnage qu’elle avait elle-même créé. Le chef de ces barbares, le dénommé Ragnos, n’en était pas à son premier massacre, et sûrement pas à son dernier.

-Bien… Très bien…

Le Duc était quelqu’un de mystérieux. C’était la quatrième fois qu’il faisait appel aux services de ce brigand de Ragnos. Pourtant, le nain avait sa propre garde et même sa petite armée. On pouvait se dire qu’il se refusait à attaquer lui-même un village d’innocents. Beaucoup de questions restaient sans réponses pour les mercenaires qui s’en posaient sur le compte du Duc. Comme par exemple le fait qu’il exigeait neuf prisonniers, pas plus, pas moins, à chaque fois qu’il voulait faire piller un village.
Un temps passa avant que le chef de la troupe ne reprenne la parole.

-On fait comme d’habitude ? L’or pour moi, les prisonniers pour vous ?

-Nous faisons comme d’habitude.

Une trentaine de nains apparurent plus haut, dans les collines. Tous portaient le même uniforme noir sous leur armure. Le petit groupe avançait vers le village. Le spectacle était intimidant, presque effrayant. Le Duc savoura le visage surpris qu’affichait Ragnos. C’était la première fois qu’il voyait les nains du Duc. Aussitôt, le bandit se promit de ne jamais poser de questions trop indiscrètes à son singulier employeur.
Plus tard, les prisonniers furent emmenés par les nains vêtus de noir tandis que le Duc réglait la date de la prochaine attaque.

---

-Tu en sais des trucs toi, sur le Duc, j’entends ?

-Boarf… Je sais que ça fait maintenant deux mois qu’il contact Ragnos pour des raids. Pas besoin d’en savoir plus, à part peut-être la quantité d’or que je gagnerais. Fais confiance au chef, c’est le meilleur coupe-gorge de la région.

-On dit que ce nain habite trop loin pour que quiconque ne trouve la trace de son royaume !

-Conneries… Daifen est totalement explorée.

-Je ne suis pas sûr… Enfin. Au fait, quelqu’un sait pour quelles raisons il nous fait attaquer ces villages et pas d’autres ? Et pis, les prisonniers ?

-T’es trop curieux… Ce que je peux te dire, c’est que tout village, toute personne, tout empire, qui n’appartient à la Meute, ou quelque chose comme ça, est son ennemi. Une chance que Ragnos soit réputé, je préfère me retrouver à travailler pour ce mystère ambulant que de devoir le combattre… Quant aux prisonniers… Je ne préfère pas savoir…

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MessageSujet: Re: Duc de l'Uto   Sam 6 Mai - 12:07

La cérémonie a commencé. Cela se voit : la même fumée rougeâtre émane du haut de la tour. J’essaye de m’imaginer le nombre d’horreurs qu’a vu défiler cette tour. S’élevant, branlante, crasseuse et effrayante, elle domine la petite valée. Autour, du blanc. La tour apparaît comme la crasse noire de ce paysage enneigé. Et c’est ce qu’elle est.
Je finis rapidement mon repas. Maigre ration. Maigre ration, fine et inconfortable couche, peu pour ne pas dire pas du tout de butin… Pourquoi ais-je accepté ce boulot ? N’étais-je pas bien dans ma troupe de mercenaires ? Je me rappellerais toujours du jour où je suis entré à Son service. Une sorte de recruteur, tout ce qu’il y a de plus bizarre, est venu. Il a traversé notre camp et s’est adressé au chef comme s’il ne s’agissait que d’un bleu. Il a alors parlé du Duc, d’Uto, et de ses foutues promesses de trésors cachés. Foutaises.
Mais nous nous sommes tous engagés. Même le chef s’est enrôlé sous les belles et envoûtantes paroles de ce recruteur morbide. Et maintenant que je suis le seul des mercenaires d’Ikyä encore vivant, je pense de plus en plus à m’échapper. Ce serait simple, nous ne sommes pas gardés : nous sommes la garde. Mais plus je regarde cette tour, et plus je me dit que déserter serait une mauvaise idée.
La cérémonie continue. Des cris se sont échappés de la tour, cris qui se sont tus aussitôt… Qui d’entre nous n’a pas peur ? Servir le Duc est horrible, terrifiant, mais tellement plaisant à la fois. A chaque action que je mène contre les ennemis du Duc, et Findel sait qu’il en a suffisamment, je ressens ce même bonheur. Cette sensation de fierté, qui semble me dire que je suis la bonne voix, que je suis du bon côté. En même temps, il n’y a qu’a voir ce que nous faisons à nos ennemis, rien qu’à cela, je suis content de ne pas être resté mercenaire.
On dit beaucoup de chose au sujet du Duc. Très peu de gens savent la moindre chose réelle. Même ses hommes ne connaissent que des rumeurs. Moi, je suis garde noir. Ce qui veut dire que je suis plus proche de lui que n’importe quelle recrue. Et malgré ça, je n’en sais pas vraiment plus. Je connais les rumeurs, beaucoup sont fondées, mais fausses. Uto existe, j’en suis sûr, mais jamais je ne verrais ces terres.
La cérémonie est terminée. Ca y est le Duc ressort. Naturellement, il vient vers nous. La garde noir, sa garde, ses ombres, ses agents, nous. Ses mains sont couvertes de sang. Nous nous taisons, comme toujours. Le Duc à ses lois. Souvent, il ne dit rien, quand il nous parle, il nous raconte des histoires, nous parle de sa terre ou de sa divinité oubliée. Mais dans ces longues paroles, jamais nous ne percevons d’informations sur sa vie.
Il nous regarde un par un, et tous, nous le regardons, sans jamais détourner le regard. Se détournant, il se dirige vers les neufs prisonniers. Les neuf précédents ne sont pas ressortis de la tour, tout comme les neuf d’avant d’ailleurs… Nous encerclons les prisonniers. Le Duc les regarde, puis se retourne vers moi.

-Elle en a eu assez durant la cérémonie, tuez ceux-ci, ils ne sont plus d’aucune utilité.

-Les tuer sire ?

-M’en débarrasser… Fais en ce que tu voudras, vois avec la troupe.

Au final, deux femmes furent violées puis tuées, un homme fut lapidé, deux adolescents servirent de cible mouvante aux arbalétriers, un vieillard fut jeté du haut d’une falaise gelée et trois autres femmes servirent de repas aux chiens.
Dieu que je déteste ce boulot ! Mais Dieu… Jamais je ne m’en séparerais…

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MessageSujet: Re: Duc de l'Uto   Sam 6 Mai - 12:08

"-Alors, il paraît que la garde noire est rentrée ?

-Oui.

-Et le Duc est avec eux, à ce qu’on dit, ils seraient passés par la tour.

-C’est probable oui.

-Encore neuf innocents de tués…

-Tu connaissais beaucoup de non-innocents parmi ceux que nous avons déjà tué ?

-Non, c’est vrai. Alors, qu’est-ce qu’il prévoit ? On attaque à la prochaine lune ?

-Je ne crois pas.

-T’es pas bavard, dis moi !

-A ce que j’ai entendu, le Duc projetterait de partir.

-De partir ? D’où ?

-Du continent. La garde de noire a déjà programmé le départ.

-Mais nous ne sommes là que depuis quelques lunes seulement ! Je… Je suis venu pour me battre !

-Erreur, tu es venu pour exécuter le moindre ordre donné par le Duc. S’il te dit de te battre, alors tu te bas et tu meurs pour lui, s’il te dit de plier bagage, tu ne poses pas plus de questions.

-N’empêche, c’était bien parti. On aurait pu installer un fort sur Tarabistoudhil.

-Peut-être.

-Mais ses… Amis… Ces types pas moins étranges que lui… Ses compa…

-La Meute ?

-Oui… La Meute. Ne sont-ils pas ici aussi ?

-Si. Eux continueront sûrement à se battre. Ils ont leurs raisons, leurs idées, leurs complots. Le Duc a décidé de partir, je ne veux rien savoir de plus.

-C’est pas étonnant que personne ne sache rien sur le Chef… Si personne ne veut rien savoir.

-Ecoutes. Je te propose quelque chose : Tu vas te lever, traverser le camp, entrer dans la forteresse, où même le lieutenant ne met jamais les pieds, passer devant les gardes noirs, taper à Sa porte, et lui demander des infos. Si une seule partie de ton corps revient, ne serait-ce qu’un doigt, je jette ma solde à la mer, sinon, peut-être trouveras-tu des réponses dans l’haut delà.

-…

-Bref, rassemble ton bordel, nous partons demain."

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MessageSujet: Re: Duc de l'Uto   Dim 7 Mai - 21:27

La carte était déroulée sur la grande table. Y était représentée une partie des terres de Tarabistoudhil
ainsi qu’une grande portion de mers. Autour, trois nains et un humain droits comme des statues la contemplaient. L’un des nains n’était autre que le Duc. Dominant l’assemblée non pas par sa taille mais par sa simple présence, il était le seul à voir une attitude un tant soit peu décontractée. Le nain à sa droite semblait être, comme pouvait le montrer ses décorations, le chef en second des armées d’Uto, et celui à sa gauche un autre gradé. L’humain, qui posait en face de ces trois militaires, était habillé légèrement, plus en civil qu’en homme d’arme, mais se tenant tout aussi droit.
La conversation parlait de stratégies, de moral des troupes, de chemins à prendre et de météo favorable à un repli. Les deux militaires semblaient complètement absorbés par cette carte ainsi que par le nombre d’informations guerrières qu’ils divulguaient. L’humain restait neutre, se contentant de baisser les yeux au sol. Le Duc aussi paraissait silencieux, pensif, tourné vers autre chose que sur ce débat stratégique. Quand une question lui fut posé, un silence ce forma, personne n’osant le briser avant d’avoir entendu ne serait-ce qu’une portion de réponse de la part du Duc.
« Excusez moi, je n’écoutais pas. »
Surpris par cette excuse, les deux nains se regardèrent puis baissèrent les yeux.
« Donc sire… Poursuivons nous par le sud ? Et devons nous demander plus de navires à Hozz ?
-Oui. Demandez deux navires supplémentaires. Et attendez le rapport des espions, pour aborder les côtes. Je ne veux prendre aucun risque. Nous avons fait une erreur en venant sur cette île, à nous d’en repartir sans aggraver la situation. Au fait, tuez ceux qui désirent rester. »
L’humain partit, s’étant révélé comme le messager de Hozz. Les deux gradés sortirent à leur tour, laissant le Duc seul. Ce dernier s’installa plus confortablement puis sortit une autre carte. Elle représentait des royaumes éparpillés, avec sur chacun, un symbole suivit d’inscriptions. Le nain s’attarda sur de petites terres marquées du symbole et du titre des commandeurs. Nombre de personnes, dont de nombreux seigneurs importants, voyaient le Duc de l’Uto, et le Meute entière, comme des commandeurs.
Cette pensée le rendait hors de lui. La Meute… la Meute n’était ni la Horde, ni les commandeurs, ni aucun autre ordre existant. D’autant plus qu’elle n’avait aucun lien, ne serait-ce qu’un simple pacte, avec la moindre faction. La Meute est jeune, certes, pensa-t-il, mais n’a jamais demander aides ou doléances. La Meute se construit seule, et s’élèvera seule, quitte à essuyer nombre de défaites.
Le Duc se décida à sortir. Au dehors, les préparatifs de départ étaient prêts. Dans quelques lunes au maximum, les armées du Duc de l’Uto seraient parties.

- - -

« La mer est calme, heureusement que nous avons assez d’esclave à tuer à la tache… Sinon, je crains fort que nous aurions manqué de rameurs.
-N’en soit pas heureux. J’ai du manquer à trois sacrifices pour nous fournir cette main d’œuvre. Elle n’appréciera pas, et tout ça pour qu’un bateau aille plus vite…
-« Elle » monsieur le Duc ?
-… Ne poses pas plus de question, Capitaine, ce ne serait pas raisonnable.
-Je… Pardonnez moi… »
Le Capitaine se fondit en excuses et en saluts tandis que le Duc s’en désintéressa, préférant se balader sur son navire. Il longea tribord puis s’enfonça dans les bas-fond de ce vaisseau marin. Dans les couloirs et écoutilles, tous les gardes se levèrent, ne s’attendant pas à l’apparition du Duc. Il se dirigea, sans un regard pour eux, dans une grande salle fermée par une grille. Devant se tenait un gros nain barbu.
« Le bonjour, Tänokh.
-Sire… Toujours un plaisir de vous voir fouiner dans mes marchandises.
-Tes esclaves, quelle que soit leur race, sont bons marchés il faut le reconnaître. Je venais justement en chercher neuf.
-Ah bon ? On m’a dit que le Capitaine les gardait pour ramer ?
-Changement de programme, au pire, sort mois les neufs moins costauds.
-Je m’y emploie de suite. »

- - -


« Allez, je prend mon tour de garde, va te reposer !
-Pas de refus.
-Eh ! Tu as loupé l’exécution ?
-Quelle exécution ?
-Le Duc a procédé à neufs sacrifices sur des esclaves ! Le sang rougissait le pont, je n’avais jamais vu ça, on aurait dit qu’il savait où couper pour que ça gicle, le sadique !
-Mince de mince, j’aurais payé pour y être moi !
-Tu m’étonnes, avec le peu de carnages qu’on a eu sur Tarabistoudhil
-Bon, je te laisse à ton poste, je vais voir si il n’y a pas d’autres festivités au programme… »

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MessageSujet: Re: Duc de l'Uto   Jeu 5 Oct - 17:03

A quoi bon être tolérant ? Le Duc l’avait déjà été en laissant à cet imbécile une vingtaine de secondes de vie supplémentaire. Cela n’avait servit à rien, à part à entendre d’autres gémissements de douleurs. Trois hommes étaient morts depuis le début de l’interrogatoire, et le nain n’en savait toujours pas plus. Les hommes… Leur stupidité légendaire les aurait-elle rendus courageux au point de préférer la torture puis la mort alors qu’ils pourraient simplement tout déballer ? Il les avait pourtant prévenu ; qu’ils parlent ou non, ils seraient torturés puis tués, qu’avaient-ils donc à perdre en parlant ? A quoi bon être patient ?

Le Duc se tourna vers le mur. La pièce était creusée en sous-sol et la seule source de lumière, venant d’une torche à demi consommée, éclairait à peine les personnages de cette scène morbide. Malgré cela, on distinguait assez bien un nain de forte carrure, un homme se tenant droit à ses côtés, trois cadavres humains dans un état inqualifiable ainsi que deux autres, vivants eux, enchainés au mur. Le Duc fit signe au seul homme libre, pointant du bras un des captifs. On constatait que trois paires de fers étaient vides, et que, dans l’ordre naturel des choses, les deux autres, alors occupés par des êtres encore vifs, allaient vite se libérer.

L’homme de main du Duc libera la prochaine victime, qui se trouvait être une femme, et la força sans peine à s’allonger sur une sorte de table rituelle tout aussi malsaine que le sourire qu’affichait l’homme lui-même. Il la rattacha à l’aide de cordes et fit un pas en arrière, saisissant au passage une pince rouillée d’allure inquiétante. L’humaine semblait épuisée, peut-être était-ce à cause des deux heures qu’elle avait passé fixée contre un mur à devoir contempler l’horrible mort de ses anciens compagnons. Aussi avait-elle les yeux clos lorsqu’elle cessa de se débattre, maintenant allongée, cause de fatigues, de douleurs et de larmes.

« Vous… »
Ses lèvres n’avaient à peine bougées, en avait-elle seulement la force ? Pourtant, le Duc avait bel et bien entendu. Il s’approcha et, empoignant une dague souillée de sang, l’encouragea.
« Parles, sois moins sotte que tes amis. »
Alors elle ouvrit les yeux. Elle le fixait, fixait ce nain au visage de marbre, comme elle aurait pu fixer la haine en personne, ou peut-être même la mort. Dans ses yeux pouvaient se lire le désespoir, la rancune de quelqu’un observant la force qui avait rasé sa vie, éliminé ses proches.

« Vous… Etes… Un monstre. »
Le Duc frappa du plat de la main sur la table. Il se retourna violement et se mit à jurer.
« Mais quand est-ce qu’ils nous apprendrons quelque chose que nous ne savons pas déjà ? » Hurla-t-il pour lui-même.
Et puis il revint vers elle et la saisit par la gorge.
« Dis-moi ce que tu sais sur la Pierre. Je te jure que chaque information que je rate, chaque seconde que je perds avec toi sera compensée par un mort de plus parmi tes proches. » Après réflexion, il s’avéra que le village de cette femme n’existait déjà plus, sûrement avait-il finit de brûler, aussi il serait difficile de trouver d’autres proches que ceux qui pendaient déjà à une corde. « Allez, ouvres-là ! Dis moi au moins un petit quelque chose, n’importe quoi ! »

Un silence prolongea le cri de rage du nain. Dans sa fureur, il avait planté la dague dans le bras de la prisonnière. Quand il s’en rendit compte, celle-ci ne criait plus de rage, elle se contentait de remuer dans des spasmes apparemment douloureux. Il retira le couteau et le replanta, à la hauteur du cœur. Les mouvements se stoppèrent. Dans un soupire, le Duc entreprit de quitter les lieux quand son homme de main l’interpella.
« Et le dernier survivant, sire Duc ? »
Le nain se retourna, c’était vrai, il restait encore un captif.
« Tu ne nous dira rien, n’est-ce pas ? » Tenta-t-il.
Le dernier humain secoua la tête.
« Bah… Pas la peine de pousser plus loin les opérations, j’ai faim. Tues-le.
-Bien messire. »

Alors qu’il reprenait la montée des marches des escaliers, le Duc se retourna encore.
« Dis-moi… Tu es un homme, toi aussi, je me trompe ? »
L’homme hésita.
« Euh… Oui, sire…
-Alors pourquoi ne te tuerais-je pas aussi ?
-Parce que… Parce que vous aviez dis vous-même que j’étais le meilleur bourreau de la région ?
-J’ai dis ça ? Ah oui… Et tu ferais tout ce que je te dis, meilleur bourreau de la région ?
-Bien entendu, sire…
-Alors tues vite fais cette hommes. Ensuite, débarrasses-toi de tous les corps, puis allonge toi sur la table, torture toi comme tu sais si bien le faire, et tues-toi. Je viendrais te voir après le repas, si tu n’es pas mutilé et mort, je considérerais que tu m’as menti. Et tu sais ce que je fais à ceux qui me mentent ?
-… Je… Non… sire…
-Eh ben… Moi non plus, mais j’y penserais, en mangeant, et je trouverais un truc bien atroce, spécialement pour toi, alors fais en sorte de ne pas m’avoir menti.
-…
-Et appliques toi, j’aime quand les choses sont bien faites. »

0-

En arrivant à l’étage de la tour correspondant à la salle à manger, le Duc s’installa sur la première chaise venu. Devant lui s’étalait déjà une foule d’animaux présentés comme à un festin.
« Assieds-toi. » Lança-t-il soudain.
Il s’adressait au nain qui se trouvait un peu plus loin, presque entièrement dissimulé dans l’ombre d’un rideau moisi. Celui-ci ôta son casque et s’installa à l’autre bout de la table.

« Ranhko, mon ami, j’ai besoin de changer d’air. Ces tortures répétitives m’abrutissent, j’ai besoin de massacres au grand air, de batailles sanglantes, de faire tomber les seigneurs à bas de leurs propres murs, de lancer des menaces à tout va, de planter mes étendards sur tout un continent, son tissu taché du sang de chaque vaincu !
-Oui sire.
-Prépare la Garde, nous partons.
-Et pour quelle destination ?
-Oh, je n’y avais pas pensé, occupes t’en, tu dois bien pouvoir me trouver un continent bien tranquille où semer la terreur et la mort pour Gaïa non ?
-Si si, ce sera fait.
-Bon, c’est pas tout ça, mais je dois aller inspecter les nouvelles arbalètes. Ah ! Rends-moi service, passe voir au sous-sol, et reviens me dire si un bourreau est bien mort, horriblement mutilé sur la table. »

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